Chers parents, voici ce que je fais de mes journées

Chers parents,

Comme tous bons parents, vous êtes inquiets pour mon avenir.
Vous savez que j’ai quitté mon emploi salarié pour créer une entreprise mais vous ne comprenez pas bien ce que je fais.

Alors rien que pour vous (ou presque)…

Créateur de contenus, c’est quoi ?

Je rédige le contenu du site web de mes clients. On appelle ce métier « rédacteur de contenu », « rédacteur web », « créateur de contenu éditorial », et plein de variations de ces termes.

C’est un métier à la fois nouveau et très ancien.

Sur les formulaires administratifs, je mets « concepteur-rédacteur web ».

J’écris pour le web (articles de blog, pages de site…) et pour d’autres formats (mails, guides, livrets, brochures…) mais toujours dans la thématique financière.

Je ne donne pas de conseil en bourse, contrairement à ce que vous pensez. En réalité, je ne parle quasiment pas des produits de mes clients !

Imaginez un fabriquant de pianos qui publierait un guide pour apprendre à improviser. Un document utile à tous les pianistes, quelle que soit la marque de leur piano. C’est ce type de document que j’écris pour mes clients. Sauf que je parle d’argent !

Le marketing de contenu, de 1732 à nos jours

Pourquoi mes clients publient-ils du contenu ?

Pour se faire connaître. Les bons contenus se diffusent et deviennent une excellente publicité.

Depuis quelques années, on appelle ça le « marketing de contenu » mais la pratique est loin d’être nouvelle :

  • En 1732, Benjamin Franklin publiait un almanach pour faire connaître son activité d’imprimerie
  • En 1900, Michelin offrait son premier guide touristique aux acheteurs de pneus
  • En 1970, Warren Buffett commençait à raconter sa vie d’investisseur dans le rapport annuel de sa société d’investissement Berkshire Hathaway

En diffusant régulièrement des contenus intéressants, mes clients rendent service à leurs lecteurs. Et ils espèrent que plus tard, ces mêmes lecteurs se tourneront vers eux.

C’est une stratégie à long terme. Mais elle a aussi des effets positifs à court terme : les contenus riches contribuent à un bon référencement sur les moteurs de recherche, ils permettent d’avoir des choses à raconter à la presse, à partager sur les réseaux sociaux, à recruter des talents…

Mais pourquoi ils délèguent l’écriture ?

Car tout le monde sait écrire, pas vrai ? Ah, ah, quelle blague. Beaucoup de personnes ont peur de la page blanche. D’autres font des fautes d’orthographe et refusent d’utiliser un correcteur. Et dans une entreprise, la personne qui sait écrire n’est pas experte dans tous les sujets.

Déléguer permet d’aller chercher des experts qui savent et aiment écrire. Il n’y a pas de honte à déléguer : cela témoigne d’une recherche d’efficacité tout à fait louable.

Déléguer permet aussi de traiter des volumes de publication importants. Une équipe de rédacteurs sera plus à même de tenir un blog quotidien qu’une seule personne.

Certaines pages à très fort enjeu doivent être écrites par des spécialistes du marketing. Pensez à la page où le client sort sa carte bancaire… Un mot de travers et il range sa carte. Pas le droit à l’erreur ! Il y a des rédacteurs spécialisés pour ce type de page, d’autres pour les newsletters, d’autres pour les livres blancs…

Enfin, le contenu n’est pas que textuel. Infographies, vidéos, mini-jeux… on ne peut pas tout produire soi-même.

Mais déléguer n’empêche pas de produire en interne. Mes clients font les deux !

Comment se passe une mission de rédaction

Le thème

Le client peut avoir un thème précis en tête. Mais un thème seul n’est pas suffisant pour travailler ! Je creuse alors ses intentions : quel est l’objectif du texte, où sera-t-il diffusé, qui doit-il toucher, a-t-il déjà été abordé ?

Je propose souvent des idées. Pour les articles de blog, c’est mon fonctionnement habituel. Parfois, je propose aussi des améliorations sur les pages statiques des sites.

Pour les blogs, j’aime quand le client commande plusieurs articles à l’avance : cela me permet de faire un meilleur travail de recherche et simplifie la facturation. Je peux alors arrêter mon rôle commercial pendant quelques jours et me consacrer uniquement à la rédaction.

La production des textes

Le plus gros du travail n’est pas de taper le texte, mais d’y penser ! Il faut un terreau documentaire bien sûr, mais la rédaction mûrit en général pendant d’autres activités : lire, me balader, regarder des séries… (je sais, c’est un métier formidable) ou en pleine nuit (vraiment formidable).

C’est alors l’Alambic qui distille le contenu.

Avec la livraison, j’offre systématiquement les retouches : j’ajuste le texte jusqu’à ce que le client soit heureux. J’ai arrêté d’être vexé par les demandes de modifications. Je suis désormais vexé lorsqu’il n’y en a pas !

La publication

Les articles sont en général publiés sans ma signature : j’écris à la place de mon client.

C’est plus rare, mais je peux aussi être crédité en tant qu’auteur invité : dans ce cas, j’offre une petite réduction car cela me fait de la publicité.

Ah, parlons des tarifs justement !

Je facture au texte : un devis définit le prix de chacun des textes que je vais créer et livrer à mon client.

D’autres rédacteurs facturent au mot, au feuillet, à l’heure ou à la journée. Chaque pratique a ses avantages et ses inconvénients mais elles se rejoignent toutes un peu.

Mes tarifs sont publics pour repousser les clients qui cherchent des articles à 10 euros.

Car les temps sont durs pour les créateurs de contenus éditoriaux.

La demande de contenus riches est forte mais les barrières à l’entrée sont faibles. Tout le monde peut offrir ses services de rédaction.

Les journalistes papier doivent se reconvertir.
Les rédacteurs offshore francophones ont un coût de la vie bien plus bas que le mien.
Les robots se mettent à publier des commentaires économiques.

Maintenir des tarifs corrects est une bataille. Mais l’évolution du web favorise la qualité : le prix n’est pas le critère discriminant lorsqu’il s’agit de partager son expertise avec le lecteur.

L’écriture reste une forme de communication destinée à faire passer des messages. Mais pour qu’ils passent efficacement, on aura toujours besoin de personnes qui travaillent délibérément pour créer la petite touche que seuls les humains sont capables d’apprécier.

Tu es heureux alors ?

(j’anticipe cette remarque typique de parents)
Oui, je suis heureux : j’ai l’impression d’améliorer quotidiennement le contenu du web. Je comble les lacunes, j’ajoute des informations qui n’existaient pas. Je fournis aux lecteurs de quoi améliorer leur vie financière. J’aide des entreprises innovantes à prendre des parts de marché aux banques restées dans le XXe siècle.

J’apprends des choses nouvelles chaque jour. Je développe mes compétences en copywriting, référencement, développement web, gestion d’entreprise. Je progresse bien plus que lorsque j’étais salarié.

J’ai remplacé mes collègues par une communauté des rédacteurs, référenceurs, community managers, des gens sympa.

Et pour finir : le secret des artistes qui réussissent

C’est une intervention de Neil Gaiman devant la promo 2012 de l’University of the Arts.
Auteur de comics, écrivain, scénariste… il a un message pour les artistes et plus largement pour tous ceux qui écrivent.

Vers la fin de la vidéo, il partage un secret.

Il raconte que pour avoir du boulot régulièrement, les artistes, freelances, autres producteurs de contenu doivent :

  • faire du bon travail,
  • être agréables,
  • respecter les échéances.

Le secret est le suivant :
Seules 2 qualités sur 3 suffisent.

J’essaye d’avoir les 3. Alors vous voyez chers parents, pas de quoi être inquiets.

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